Après entorse de la cheville, il est fréquent qu’un traitement conservateur bien mené soit suffisant pour assurer une récupération fonctionnelle complète en quelques semaines. Pourtant, cela n’est pas systématique. Lésions ligamentaires graves, instabilité de la cheville, douleurs persistantes, sont autant de raisons qui rendent parfois une chirurgie nécessaire. Le principe de cette ligamentoplastie de la cheville varie alors selon les cas, selon que la réparation du ligament soit possible ou bien que le traumatisme exige une reconstruction par autogreffe tendineuse.
Pourquoi réaliser une ligamentoplastie de la cheville ?
Après entorse de la cheville, dans de nombreux cas, une prise en charge médicale adaptée permet une récupération fonctionnelle complète en environ 3 mois.
Cependant, lorsque la cheville reste instable ou douloureuse malgré un traitement médical bien conduit, si les ligaments sont gravement lésés ou que le traumatisme est ancien, une chirurgie de ligamentoplastie peut être alors nécessaire.
L’objectif de ce traitement est de réparer ou reconstruire les ligaments déficients afin de stabiliser durablement la cheville et de prévenir les complications à long terme, notamment l’arthrose de la cheville.
Chirurgie des ligaments de la cheville sous arthroscopie : avantages
La pratique de la ligamentoplastie de la cheville sous arthroscopie présente de nombreux avantages. En premier lieu, la taille très réduite des incisions nécessaires réduit les risques d’infection ou de troubles de la cicatrisation post-opératoires. Par ailleurs, cette méthode minimise les risques de lésions nerveuses, notamment celles du nerf sural.
D’autre part, lorsque l’intervention est réalisée sous arthroscopie plutôt qu’à ciel ouvert, le repositionnement des ligaments est plus anatomique, favorisant ainsi un fonctionnement naturel de la cheville, ce qui diminue la probabilité d’installation d’une raideur articulaire.
A ce jour chez un opérateur entrainé, quasiment toutes les chirurgies sont possibles sous arhtroscopie, meêm parfois avec greffe de cartilage. En effet l’arthrosopie permet d’accéder à l’ensemble de la cheville dans le même temps opératoire ce qui n’est pas le cas à “ciel ouvert”.
Ligamentoplastie de cheville : réparation ou reconstruction ?
Le principe d’une ligamentoplastie de la cheville varie selon les ligaments atteints et leur état au moment de l’intervention. D’ailleurs le terme de ligamentoplastie est impropre en cas de réparation. En effet il s’agit d’une réparation du ligament et non pas d’une réelle “plastie”.
La réparation ligamentaire (technique « Broström ») est pratiquée lorsque le ligament talo-fibulaire antérieur (LTFA) lésé est encore de qualité suffisante et récupérable. Il est alors désinséré, remis en tension puis réinséré sur sa malléole latérale à l’aide de petites ancres résorbables. Habituellement ce geste est suffisant , mais parfois, le chirurgien renforce ce montage en utilisant le rétinaculum des muscles fibulaires. Cette bande fibreuse solide présente autour de la cheville est rabattue et suturée par-dessus le ligament réparé c’est le “gould”.
Dans d’autres cas, si le ligament est trop abîmé (souvent après une entorse ancienne ou mal cicatrisée), c’est une véritable reconstruction qui doit être réalisée. Elle concerne le LTFA et le LCF (ligament calcanéo-fibulaire), remplacés par autogreffe tendineuse, souvent à partir du tendon gracilis préalablement prélevé sous le genou du patient. Ce tendon est un tendon de la cuisse à l’instar des tendons prélevés pour la réparation du ligament croisé et n’entrainent pas d’atteinte du genou bien évidemment.









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